Après mon voyage de trois mois en République dominicaine avec AFS, je me sens grandie, différente. J’ai l’impression d’avoir une vie en parallèle au soleil des Caraïbes. J’ai eu tout ce que je voulais : une famille d’accueil, qui m’a fait me sentir chez moi, me faire des ami·e·s et pouvoir me dire que si je veux y retourner, j’ai un toit là-bas.

S’envoler pour l’aventure

Le jour du départ, j’ai beaucoup pleuré à l’aéroport : j’étais très contente et j’avais en même temps très peur de l’inconnu, mais dès que j’étais dans l’avion j’ai compris que l’aventure commençait. 3 ans que j’attendais ça ! Deux autres belges prenaient le même vol et mon stress s’est dissipé.

Au début, je pensais que c’était impossible mais en trois mois j’ai vraiment appris l’espagnol. La première semaine, c’était très drôle parce que je parlais beaucoup avec les mains ou en mimant. Je ne me rendais pas compte mais en ayant besoin de la langue, je l’apprenais de manière ludique.

L’insertion en famille d’accueil

Ensuite, j’ai eu deux familles d’accueils complètement différentes, c’était assez déroutant mais une expérience sociologique extrêmement intéressante. D’abord, pendant les vacances, je suis arrivée une semaine dans ma famille temporaire (ma famille définitive ne savait pas me recevoir directement). C’était un couple dont le fils unique vit en Allemagne. Je passais quasiment tout mon temps à visiter le pays avec ma maman d’accueil. Elle ne parlait ni anglais, ni français donc on parlait en espagnol, Google traduction à été mon meilleur ami cette semaine là ! Son fils parlait français et il m’aidait à distance. Par exemple, un jour, j’ai dit « j’ai beaucoup de piqûres de moustiques, je ne comprends pas pourquoi parce que j’ai bien mis le spray anti-moustique ». Ma mère d’accueil m’a parlé du ventilateur éteint et je ne voyais pas le lien. Son fils m’a alors expliqué que les moustiques ne savent pas se fixer sur la peau à cause du souffle du ventilateur. Une information très utile dans un pays tropical. Il y a eu plusieurs incompréhensions de ce style-là, c’était assez drôle au final. J’ai adoré rencontrer plus de membres de cette famille, des gens bons vivants qui aiment sortir danser, me faire découvrir les endroits traditionnels et en apprendre plus sur ma propre culture. Je me suis sentie très proche de ces personnes malgré des langues différentes.

Après, j’ai dû changer de famille d’accueil, un peu compliqué parce que je m’entendais très bien avec la première. C’était un couple avec deux grands garçons qui travaillaient du matin au soir. Il y avait un chauffeur et une domestique qui préparait les plats, nettoyait, lavait le linge… Au début avec mon regard d’européenne, cela m’a fort choquée et assez dérangée. En effet, pour boire de l’eau à table, je devais demander qu’on me l’amène. J’avais l’impression de manquer de respect à la personne de maison. En fait, en République dominicaine, les personnes les plus pauvres n’ont pas accès aux études et donc un moyen d’avoir de l’argent est d’être domestique. La famille me disait que c’était comme un membre de la famille. Après réflexion, ça reste difficile à comprendre car cette personne ne mangeait pas avec nous. C’est assez illusoire. Même si c’est spécial pour une étrangère comme moi de vivre avec des domestiques, c’était intéressant de voir que c’est quelque chose de tout à fait inscrit dans les coutumes ici.

Zélie en république dominicaine

L’école en République dominicaine

Quand j’ai commencé l’école, j’ai rencontré deux filles qui m’ont montré les endroits branchés de la capitale, j’ai adoré ! Les cours étaient très différents de ce à quoi je m’attendais. Quand j’ai su que je serais dans une école privée bilingue, je pensais que je serais dans Elite. C’était pas du tout le cas. C’est très paradoxal. Par exemple, le matin, il fallait se mettre en rang et chanter l’hymne national la main sur le coeur, se tenir bien droit et porter un uniforme impeccable. Mais ensuite, en classe, la relation prof/élève était très décontractée et amicale.

Les cours étaient donnés en anglais et en espagnol : assez compliqué pour suivre au début. Malgré mes deux amies et l’évolution de mon espagnol, je ne m’épanouissais pas fort à l’école (c’était trop scientifique pour moi) et dans la famille d’accueil. Ils étaient gentils et prêts à m’aider si j’avais des démarches administratives à faire mais je ne me sentais pas à ma place. Donc j’en ai parlé avec ma conseillère dominicaine, AFS DOM et AFS Belgique et j’ai demandé pour changer de programme. Je voulais faire du volontariat dans l’école de ma première maman d’accueil et retourner vivre là-bas. Après quelques jours, j’ai une réponse positive des deux AFS et c’est comme cela que je suis retournée dans ma première famille d’accueil.

J’ai vécu un mois incroyable. J’ai donné des cours de maths en espagnol ! (Mes proches vous confirmeront que c’était impensable de ma part.) L’expérience était très enrichissante ; dans le « bàrrio » (endroit pauvre), les enfants avaient l’air heureux malgré leur situation, c’était une belle observation.

Il faut savoir qu’il y a deux types d’écoles :

  • La publique : elle est gratuite, l’uniforme se trouve en supermarché et est relativement abordable. C’est là que vont les enfants des quartiers défavorisés et de la classe moyenne basse. Il n’y a pas de climatisation donc il fait souvent 35 degrés dans les classes et les locaux sont souvent vieux. Il n’y avait pas de personne blanche dans l’école publique où je donnais cours.
  • La privée : elle est très chère, l’uniforme s’achète à l’école même et est assez onéreux. Les gens de classe moyenne haute mettent leurs enfants là-bas, les classes sont climatisées donc il y a souvent un gros choc thermique quand on rentre. C’est surtout fréquenté par des personnes blanches.

La vie quotidienne

On mangeait beaucoup de riz, des bananes frites, du fromage frit, des légumes frits… En fait, quasi toute la nourriture était frite. C’est comme cela que j’ai pris 10 kilos pendant mon échange. Je voulais toujours goûter de nouvelles choses parce que je savais que ce que je mangeais, c’était peut être pour la dernière fois.

La chambre dans la maison est une pièce très importante. Au début, je me sentais fort seule quand j’y étais, mais j’ai compris que là-bas les gens aiment rester seuls dans leur chambre, regarder la tv et prendre le repas.

La religion catholique est très importante, rares sont les personnes qui ne croient pas en Dieu. La relation à Dieu est très présente, les gens font des prières parfois en se levant, avant de manger, en allant au travail, dans la voiture… On retrouve aussi beaucoup de panneaux publicitaires avec Jésus.

Avant de partir, on m’avait prévenu que c’était parfois dangereux. C’est vrai que c’est fort différent de la Belgique. On devait appliquer des consignes de sécurité en rue très spéciales : ne jamais avoir son téléphone en main, sortir de la voiture quand on remet de l’essence, mettre son sac à main à ses pieds dans la voiture pour éviter une moto qui casserait la vitre… À côté de ça, les gens sont adorables, toujours prets à aider, nous accompagner quand nous sommes perdus, toujours joyeux. C’est vraiment paradoxal.

Les transports nécessitent un apprentissage ! Il y a les Ubers (les taxis les plus sûrs pour les touristes), les « gwagwa » (des minis bus très sales, assez dangereux et très difficiles pour les touristes car il faut savoir où s’arrêter et le dire en espagnol au chauffeur), les taxis-motos très bon marché mais très dangereux. Pour nous, les étudiants d’échange, marcher seul nous est quasiment interdit, car nous sommes des rubios (des blancs, des touristes) donc notre libérté est assez restreinte.

Quelques conseils

Je suis assez frustrée car il y a encore énormément de choses à dire sur ce pays magique mais impossible à faire dans un texte court. Si je dois vous donner des conseils :

  • Essayez de sortir de votre zone de confort en apprenant une autre langue que l’anglais. C’est un défi qui peut être très utile par après pour voyager ou pour un emploi.
  • Rencontrez des volontaires AFS de votre comité pour essayer de vous projeter dans les destinations.
  • Ne dites pas non quand on vous propose des choses nouvelles (évidemment, il faut respecter ses propres valeurs) car on peut être agréablement surpris·e.
  • Osez parler avec votre famille d’accueil, dites comment vous vous sentez (en bien ou en mal), ça évite de rester dans des situations désagréables trop longtemps.
  • Le dernier : « En la vida necesitamos disfrutar » comme dirait ma maman d’accueil, « dans la vie nous avons besoin de profiter ». Amusez-vous, dansez, sortez, rencontrez…!

Découvrir la République Dominicaine!

La République dominicaine abrite les plus hautes montagnes des Caraïbes ainsi que des forêts tropicales, des déserts, des marécages et des plages de sable blanc à couper le souffle. Fiers de leur héritage métissé et connus pour leur grand sens de l’humour, les Dominicains seront heureux de vous faire découvrir tout ce qui est pour eux muy dominicano (« très dominicain »). Une chose est sûre : vous serez bien accueilli au pays du merengue et de la bachata.

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